Le Lutétien Supérieur
Le Lutétien supérieur connaîtra à lui seul, deux cycles immersion-émersion. Ces deux derniers cycles auront une amplitude moindre en termes de profondeur. Par ailleurs, les phénomènes d'érosion rencontrés lors du premier cycle n'auront plus rien à voir avec les deux suivants. En effet, au début du Lutétien supérieur, on retrouve parmi les calcaires marneux ou argileux des calcaires dolomitiques ainsi que des marnes gypseuses. Les premier témoignent de plages tandis que les deuxième nous ramène au domaine lacustre de la fin du Lutétien moyen.
![]() Début du 2d cycle d'immersion au Lutétien supérieur (-44 MA) |
Dans un premier temps, la mer revient par
le Vexin, entamant le second cycle d'immersion. Elle n'est pas profonde,
tout au plus une dizaine de mètres. Orbitolites fait à nouveau
son apparition pour rapidement laisser place aux Cérithes. En fait,
les Cérithes pulluleront tout au long du Lutétien supérieur.
Ce sont d'ailleurs elles que l'on peut observer dans les cavités
des carrières de Paris et de sa région avec le "banc
franc", le "souchet", le "grignard". Compte tenu
de la faible profondeur de la mer, l'écosystème marin est
assez complexe. La salinité de l'eau de mer varie avec les saisons
de pluies. De ce fait, la faune est très variée et les dépôts
sédimentaires de ce second cycle consistent surtout en calcaires
argileux et marnes, provenant des débris organiques. |
Le troisième et dernier cycle d'immersion-émersion débute il y à 42 millions d'années et ne durera en tout qu'un million d'années. Il est bref et de faible amplitude. La mer revient par le synclinal du Thérain pour atteindre Paris. Sa profondeur n'exède pas une dizaine de mètres, comme lors du second cycle. C'est une vase calcaire appauvrie en faune qui se dépose alors dans les fonds marins. Rapidement, une très vaste lagune va se former et avec elle, les marnes et caillasses déjà rencontrées précedemment. Mais surtout, c'est la première fois que d'important bancs de gypse vont se former à Meaux, Senlis et surtout au nord de Paris où il peut atteindre 15 mètres d'épaisseur. Ce n'est toutefois pas ce gypse qui sera exploité du fait de son inaccessibilité. Le gypse qui sera largement exploité dans les carrières de la butte Montmartre à Paris est plus récent (Ludien, vers -40 MA). La fin du Lutétien supérieur est à l'origine des marnes et caillasses supérieures.
Après cette description de la formation des terrains lutétiens, on peut maintenant établir une stratigraphie synthétique de cet étage :
Le
Lutétien Supérieur
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