Minéraux et roches
du Lutétien
Le sous-sol lutétien est constitué
de nombreux minéraux, roches et fossiles. Le plus courant (et le plus
complexe) est le calcaire qui est en majorité un carbonate de calcium
(ou calcite) provenant des débris organiques combinés à
l'oxygène du milieu ambiant (le carbone et le calcium sont largement
présents chez les végétaux, par exemple). Mais les milieux
marins et lagunaires étant propice à la minéralisation,
on retrouve également les minéraux suivants :
- Silice et quartz : ces deux minéraux
font partie de la famille des oxydes. On les retrouve par exemple dans les
silex des marnes et caillasses ou encore, dans le grès. D'un point
de vue chimique, ils sont formés d'un atome de silice combiné
à deux atomes d'oxygène. Le silicium provient des débris
d'animaux coquilliers. Il peut également provenir de la dissolution
de silicium de roches antérieures au contact des atomes d'oxygène
contenus dans l'eau.
- Gypse : le gypse fait partie de la
famille des sulfates. Il est souvent associé au sel gemme et il contient
un atome de souffre combiné à un atome de calcium et quatre
atomes d'oxygène (sous forme anhydre, c'est-à-dire déshydraté).
La forme hydraté du gypse contient en plus deux molécules d'eau.
Le gypse est le produit de dépôts évaporitiques par précipitation
directe des eaux mères et par l'action de l'eau sur des sulfures métalliques.
On en rencontre essentiellement au nord de Paris par bancs de 7 à 15
mètres.
- Fluorine ou fluorite : elle fait partie
de la famille des halogénures, comme le sel gemme. D'un point de vue
chimique, c'est un fluorure de calcium (un atome de calcium combiné
à deux atomes de fluor). Elle est souvent associée aux roches
filoniennes telle que le quartz.
Parmi les carbonates de calcium du Lutétien,
3 formes sont clairement identifiées :
- Les calcaires meubles : ils se trouvent
en périphérie des anticlinaux et sont caractérisés
par une faune et une microfaune bien conservée.
- Les calcaires en bancs : ils sont localisés
dans les synclinaux. Ce sont les calcaires utilisés dans la construction
pour leur résistance mécanique. Parmi ces calcaires, on distingue
:
- Les calcaires zoogènes
: ce sont des calcaires riches en débris animaux. Le nom de l'organisme
accumulé dans le banc donne le nom du banc. Par exemple, les calcaires
à Nummulites, les calcaires à Cérithes etc...
- Les boues carbonatées durcies
: il s'agit de calcaires où les fossiles sont rares
- Les calcaires dolomitiques : la dolomite
est un calcaire rare accompagnant la calcite. D'un point de vu chimique, il
s'agit d'un carbonate de magnésium (un atome de magnésium associé
à un atome de carbone et trois atomes d'oxygène).
En dehors de ce substrat caractéristique
du Lutétien, on trouve de nombreux minéraux en infime quantité,
puisqu'ils constituent 1 du sable quartzeux. On distingue notamment :
- Les minéraux titanés
: le rutile et l'anatase (marnes et caillasses) et plus rarement, la brookite.
- Les minéraux métamorphiques
: la staurotide (Valois, Paris), l'andalousite (Vexin) et le disthène
(nord de l'Oise).
- Les divers : grenat (marnes et caillasses),
tourmaline et zircon.
On explique la présence de ces minéraux
par l'existence d'une matrice de minéraux stables repris du Crétacé
inférieur et du Trias en ce qui concerne les minéraux titanés.
Le Lutétien est extrêmement riche
en fossiles et il serait inutile de tous les décrire ici, mais les chiffres
parlent d'eux-mêmes. On a retrouvé près de 2000 espèces
de mollusques, 350 de foraminifères (dont les Nummulites), 15 de mammifères,
40 de poissons, 32 d'algues, 30 de macroflore (palmiers, feuilles) etc... Pour
plus de détails, référez-vous à l'étude (non
exhaustive) sur la faune et la flore faite dans ce site.
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Les
minéraux des couches Lutétiennes
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